Les Fenêtres du Midi

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Infiltration d’eau autour d’une fenêtre : trouver par où ça entre

Appui, calfeutrement, busettes bouchées, seuil ou coffre de volet : six points d’entrée possibles pour l’eau autour d’une fenêtre, et comment les distinguer.

L’essentiel en bref

  • Une infiltration a presque toujours un seul point d’entrée : le trouver évite de refaire ce qui n’était pas en cause.
  • Les trous d’évacuation en bas du dormant ne sont pas un défaut de fabrication : bouchés, ils provoquent à eux seuls une bonne part des fuites constatées.
  • Une fenêtre qui ne fuit que par vent de sud-est désigne le calfeutrement ou le seuil, pas le vitrage.
  • Un dormant gonflé ou fendu ne se rattrape pas au mastic : c’est là que se décide le remplacement.

Une auréole au bas du tableau, une flaque sur l’appui intérieur, une trace sombre qui réapparaît après chaque gros orage : l’eau qui entre autour d’une fenêtre inquiète, et on accuse volontiers la menuiserie elle-même. Dans la plupart des cas que nous constatons au métrage, la fenêtre n’est pas en cause. Ce qui a lâché, c’est un point précis de son interface avec le mur.

Il existe six chemins possibles, et un seul est actif à la fois. Cet article vous aide à identifier lequel avant de faire intervenir qui que ce soit, y compris nous. Vous saurez ainsi si vous avez affaire à une reprise de trente minutes ou à un véritable changement de fenêtres.

Infiltration ou condensation : le premier tri

Avant de chercher une fuite, écartez la fausse piste la plus fréquente. De l’eau qui apparaît sur le vitrage ou sur l’appui intérieur par temps froid, sans pluie, n’est pas une infiltration : c’est de la condensation, et la cause est dans l’air de la pièce, pas dans le mur. Nous l’avons détaillée dans notre article sur la buée sur les fenêtres.

Le test est simple. Une infiltration apparaît pendant ou juste après une pluie, suit une trajectoire (une coulure, une trace qui descend), et laisse souvent une auréole avec un bord marqué. La condensation apparaît le matin, se répartit uniformément et sèche dans la journée.

Trace d'infiltration dans l'angle bas du dormant d'une fenêtre PVC blanche, vue de l'intérieur
L'eau apparaît presque toujours dans un angle bas du dormant : c'est le drainage ou l'appui qui est en cause.

Ce que la trace vous dit déjà

L’endroit où l’eau se manifeste à l’intérieur oriente le diagnostic avant même de monter sur un escabeau.

Dans un angle bas du dormant, côté intérieur : c’est le drainage de la menuiserie qui est en cause, ou l’appui. C’est le cas le plus courant.

Le long d’un montant vertical, sur le tableau : l’eau passe par le calfeutrement périphérique, entre le cadre et la maçonnerie.

Sous le coffre de volet roulant, ou par les coulisses : le coffre ou son passage de câble.

Au niveau du seuil, sur une porte-fenêtre : le seuil lui-même, presque toujours.

Les six points d’entrée possibles

1. L’appui et son rejingot

L’appui de fenêtre — la pierre, le béton ou l’élément préfabriqué sur lequel repose la menuiserie — n’est pas une surface plate. Il doit présenter une pente vers l’extérieur, une nervure relevée à l’arrière appelée rejingot, contre laquelle le dormant vient s’appuyer, et une gorge sous le nez, la goutte d’eau, qui empêche le ruissellement de revenir sous l’appui.

Si l’appui est fissuré, si la pente s’est effacée avec le temps, ou si le rejingot est absent — ce qu’on trouve sur des poses anciennes bâclées — l’eau stagne contre le dormant et finit par passer derrière. Sur les maisons de village montpelliéraines, l’appui en pierre usé est un classique.

2. Le calfeutrement périphérique

Entre le dormant et la maçonnerie court un joint, mastic ou mousse comprimée. C’est lui qui ferme l’interface, et c’est la pièce d’usure du système : un mastic vieillit, durcit, se rétracte, puis se décolle d’un côté. La fissure est souvent invisible depuis le sol.

C’est la cause n°1 des infiltrations sur des menuiseries posées il y a quinze ou vingt ans, y compris sur des fenêtres en parfait état par ailleurs. Une reprise complète du joint règle le problème pour plusieurs années.

3. Les trous d’évacuation bouchés

Voici le point que presque personne ne connaît, et il mérite qu’on s’y arrête. Une fenêtre moderne n’est pas censée être étanche au premier rang. De l’eau entre normalement dans la feuillure, celle-ci la collecte dans une chambre à l’intérieur du dormant, et la renvoie dehors par de petites fentes percées en partie basse — les busettes, ou trous de drainage.

Ces fentes se bouchent : poussière, sable, insectes, et surtout peinture lors d’un ravalement. La chambre se remplit alors, et déborde du seul côté qui reste : l’intérieur. Le symptôme est caractéristique — de l’eau apparaît dans un angle bas, uniquement après une pluie soutenue, sur une fenêtre qui n’a jamais fui auparavant.

Ne les bouchez jamais, même si vous les prenez pour un défaut ou une source de courant d’air. Un coup de fil de fer souple et un rinçage suffisent à les rouvrir.

4. Le seuil bas d’une porte-fenêtre

Le seuil est le point faible structurel de toute porte-fenêtre, et c’est un arbitrage assumé : un seuil bas, accessible, de vingt millimètres, se franchit sans marche mais offre bien moins de garde à l’eau qu’un seuil traditionnel.

Sur une terrasse exposée, ce choix ne tient ses promesses qu’accompagné d’un dispositif d’évacuation devant le seuil : caniveau, grille, ou simplement une pente correcte de la terrasse. Sans cela, l’eau s’accumule et finit par franchir. Ce point se décide au moment du chantier, pas après.

5. Le joint de vitrage

Plus rare, mais réel sur des menuiseries anciennes. Le vitrage est maintenu dans l’ouvrant par un joint et une parclose, et la feuillure qui l’accueille dispose elle aussi de son drainage. Un joint durci, une parclose mal reclipsée après une intervention, ou un drainage de feuillure obstrué, et l’eau stagne au contact du verre.

Le signe distinctif : la trace part du bord du vitrage lui-même, pas du dormant.

6. Le coffre de volet roulant

Sur les logements des années 1970 à 1990, le coffre est souvent intégré dans l’épaisseur du mur. Il traverse donc la paroi de part en part, et constitue un chemin tout tracé pour l’eau comme pour l’air. Les coulisses, le passage du câble électrique et la jonction entre le coffre et la maçonnerie sont autant de points à examiner.

Quand le coffre est en cause, le remplacement de la seule fenêtre ne résout rien. C’est le cas où un ensemble volet roulant et menuiserie traité d’un seul tenant s’impose.

Localiser la fuite sans rien démonter

Attendez un jour sec, munissez-vous d’un tuyau d’arrosage et procédez par zones, du bas vers le haut. L’ordre compte : si vous arrosez tout en même temps, vous ne saurez rien.

Commencez par l’appui seul, cinq à dix minutes, pendant qu’une autre personne surveille l’intérieur. Puis le joint périphérique, montant par montant. Puis le vitrage. Puis le coffre. Dès que la trace apparaît, vous tenez le coupable.

Notez aussi les conditions dans lesquelles la fuite se produit. Une fenêtre qui ne fuit que lors des épisodes de pluie accompagnés de vent désigne presque toujours le calfeutrement ou le seuil : c’est la pression du vent qui pousse l’eau là où la gravité seule ne l’emmènerait pas. Une fuite par pluie calme, mais prolongée, pointe le drainage ou l’appui.

Ce qui se répare, et ce qui impose un remplacement

Se répare, souvent pour un coût modeste : le débouchage des busettes, la reprise complète du calfeutrement, la pose d’une bavette ou d’un rejet d’eau rapporté, le remplacement d’un joint durci, le réglage de la quincaillerie pour rétablir la compression de l’ouvrant sur son joint.

Impose un remplacement : un dormant bois gonflé, fendu ou attaqué en partie basse, un profilé fissuré, un appui éclaté sur toute sa longueur, un vitrage dont l’étanchéité périphérique a lâché.

C’est aussi le moment de rappeler une règle que nous appliquons systématiquement : on ne pose pas une menuiserie neuve sur un dormant défaillant. Conserver un cadre qui prend l’eau revient à refaire le chantier dans trois ans. Le choix entre conservation et dépose totale se tranche devant vos dormants, sondés un par un — c’est tout l’objet de notre guide sur les deux modes de pose, et c’est la première chose que nous regardons lors d’un changement de fenêtres à Montpellier.

Quand l’eau ne vient pas de la fenêtre

Il arrive que la menuiserie soit innocente sur toute la ligne. Une fissure dans l’enduit au-dessus de la baie, un solin décollé, une gouttière débordante ou un joint de façade ouvert amènent l’eau jusqu’au tableau, où elle réapparaît près de la fenêtre simplement parce que c’est le premier point bas qu’elle rencontre.

L’indice : la trace démarre au-dessus de la fenêtre, ou déborde nettement de la largeur de la baie. Dans ce cas, aucune intervention sur la menuiserie ne changera quoi que ce soit.

Si l’infiltration a causé des dommages à l’intérieur, sachez qu’elle peut relever de votre assurance habitation. Les conditions de prise en charge et les délais de déclaration sont détaillés sur la fiche officielle Assurance dégâts des eaux du service public.

Questions fréquentes

Faut-il boucher les petits trous en bas de la fenêtre ?

Non, jamais. Ce sont les évacuations du drainage interne. Les obstruer transforme la chambre de collecte en réservoir, et l’eau ressort à l’intérieur. C’est une des erreurs les plus fréquentes, souvent commise de bonne foi pour supprimer un courant d’air.

Un joint de mastic neuf suffit-il à régler une infiltration ?

Si le calfeutrement était bien la cause, oui, et pour plusieurs années. Mais un mastic passé sur un support qui bouge, un appui sans pente ou un dormant déformé ne fait que masquer le problème une saison. Le mastic ferme un joint, il ne rattrape pas un défaut de support.

Pourquoi ma fenêtre ne fuit-elle que par certains vents ?

Parce que la pluie seule tombe verticalement, tandis que le vent la projette à l’horizontale et crée une différence de pression entre l’extérieur et l’intérieur. Cette pression pousse l’eau à travers des défauts qu’une pluie calme ne révèle jamais. C’est aussi ce que mesure le classement AEV d’une menuiserie.

Une fenêtre récente peut-elle fuir ?

Oui, et presque toujours pour une raison de pose ou d’environnement, pas de fabrication : un calfeutrement mal exécuté, un appui non repris, un drainage obstrué par les poussières du chantier, ou une terrasse sans évacuation devant un seuil bas. Une menuiserie neuve qui fuit dans ses premières années mérite un examen de la pose avant toute autre chose.

Écrit par l’équipe média et contenu des Fenêtres du Midi, à Montpellier.

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